Aujourd’hui, beaucoup d’enfants grandissent dans une vie « assise » : école, devoirs, télé, tablette, téléphone… et très peu de mouvement. Cette sédentarité n’impacte pas seulement leur santé physique, elle touche aussi leur équilibre émotionnel et la qualité de la relation avec leurs parents.
Quand un enfant passe plusieurs heures par jour devant les écrans, son cerveau est constamment stimulé, mais rarement apaisé. Il devient plus irritable, moins concentré, a du mal à gérer la frustration. Les moments en famille se transforment vite en conflits autour du téléphone ou de la console, au lieu d’être des temps d’échange, de jeu ou de complicité. Petit à petit, le dialogue se réduit, chacun reste dans “son écran”, même en étant dans la même pièce.
Sur le plan physique, le manque de mouvement fragilise le corps : prise de poids, manque de tonus musculaire, mauvaise posture, sommeil de moins bonne qualité… Or, le corps de l’enfant est fait pour bouger, courir, sauter, tomber, se relever. Le mouvement est un langage à part entière : il l’aide à construire sa confiance en lui, à mieux connaître ses limites, à canaliser son énergie et à développer sa coordination.
Sur le plan psychologique, l’activité physique régulière joue un rôle de “régulateur naturel” : elle diminue le stress, améliore l’humeur, favorise le sommeil et renforce la capacité à se concentrer. Pratiquée avec un cadre éducatif (comme dans les sports d’arts martiaux ou les sports collectifs), elle apprend aussi le respect des règles, la gestion des émotions, l’écoute de l’autre et la persévérance. Autant de compétences qui servent à l’école, à la maison et plus tard dans la vie d’adulte.
Pour les parents, le véritable enjeu n’est pas de “diaboliser” les écrans, mais de rééquilibrer : remettre du mouvement, du jeu réel, des échanges face à face dans le quotidien. Cela peut passer par de petits jeux actifs en famille, des moments où l’on bouge ensemble, par le fait de montrer l’exemple en pratiquant soi-même une activité physique régulière, et par l’inscription des enfants dans des clubs de sport, notamment les arts martiaux, où ils bénéficient d’un cadre structurant. Autant d’occasions de recréer du lien, d’inspirer ses enfants et de les accompagner dans leur développement global – physique, émotionnel et social.
— Sami Boughanem